mercredi 9 novembre 2011

21h de bus plus tard


Il y a des jours où nous devrions rester coucher ou profiter des merveilles de la nature, se promener… Hier et aujourd’hui en font partis. En arrivant au terminal de bus ce matin, nous souhaitions nous rendre à Tucuman pour visiter la vallée Del Tafi, reconnue pour ses panoramas mais aucun bus ne part avant la fin d’après-midi alors que nous n’avons que 4h de bus. 

Nous changeons donc nos plans, partant pour San Juan, une petite bourgade proche du plus grand parc paléontologique du monde. Là, nous ne parlons plus de 4h mais de 18h de bus de nuit. Cela ne sera pas la première fois et nous réservons nos fauteuils pour la nuit assez chère. Une fois à bord, ce qui devait être un voyage plaisant, va tourner à la catastrophe. Peu aimable, le serveur nous prend pour des moins que rien, nous jetant pratiquement les plateaux repas à la figure. Pour la première fois, il n’y a pas de couverture alors que la température atteint à peine les 16 degré. En cause, non pas la nuit mais une climatisation poussée à fond malgré nos demandes répétés pour la baisser ou l’éteindre. Inutile de dire que la nuit s’est avérée très courte et nous arrivons finalement à 15h le lendemain à San Juan, fatigués. 

Là , la galère continue. Alors que nous cherchons un hôtel, nous sommes insultés à trois reprises et à notre grande surprise, nous apprenons que toute la ville est prise d’assaut par une olympiade. Moralité aucun hôtel n’est disponible. Dépité, nous devons repartir au terminal terrestre pour avancer encore plus loin. Notre choix se porte alors sur Mendoza, à 3h de bus de San Juan. Au bout de 21h de bus dans des conditions périlleuses, nous arrivons enfin à destination et nous dégotons assez facilement un hôtel pour la nuit. Espérons que la cité nous portera chance.

Sophie et Julien

lundi 7 novembre 2011

Petit passage par Salta


Les immenses champ de cactus du site
Avant de quitter le nord du pays et de descendre vers la capitale des vins argentins, nous effectuons un petit détour par les ruines de Pukara. Ancienne forteresse protégeant la cité, elle a été détruite plusieurs fois et en partie reconstruite pour les touristes. Avouons le les ruines par elle-même ne sont pas super intéressantes. En revanche le panorama autour vaut le détour. Etant en hauteur, vous avez une vue d’ensemble d’une partie de la Quebrada D’Huahumaca avec ses très jolies couleurs, ses montagnes aux formes étranges et en fond les petits villages typiquement argentin.

Une très jolie vue d'ensemble
En se promenant dans les ruines nous découvrons un champ de cactus datant de plusieurs années. Gigantesque, aux formes inhabituelles, ils forment un panorama atypique et semblent faire parti des ruines depuis des siècles. A des stades divers, nous voyons des cactus morts et même des plantes devenues du bois. Etrange ce bois de cactus aux couleurs bruns clairs, dur comme de la pierre et dressé comme un sapin. Nous prenons conscience de la dureté et de l’utilité de ce bois qui sert pour les maisons, les toits, les charpentes… Autant d’utilisation importante qui font des cactus la première plante du pays. 

Une bonne transition avec les 4h de bus qui nous emmène à travers des cactus géants à Salta. 

Sophie et Julien

dimanche 6 novembre 2011

En route pour Tilcara


Nous passons le tropique du capricorne
Emballés par les paysages spectaculaires de la veille, nous partons pour Tilcara, une toute petite bourgade (c’est un peu la norme dans la région) située sur la Quebrada de Huamahuaca. Cette fois-ci il ne s’agit plus de 3 km de paysage magnifique mais d’une quarantaine. 

Comme à notre habitude, souhaitant fuir les touristes et profiter au maximum, nous décidons de louer des vélos. Nous sommes à plus de 2 500m mais la route monte doucement sur 40 km. Les premiers kilomètres restent plaisants d’autant que nous pédalons dans un cadre magnifique avec les montagnes colorées en guise de compagnon. Cependant, nous devons avouer que le paysage s’avère rapidement répétitif et nous avons l’impression de revoir la même chose que la veille.

Les belles couleurs sur la route
Après plus de 20 km sous une chaleur accablante, nous finissons par faire escale dans un village oublié des touristes, loin de la route nationale. Ici pour la première fois nous pouvons voir la vraie vie des paysans argentins et nous sommes loin du « luxe » et du confort des villes traversées jusque ici. Une simple maison d’une ou deux pièces, quelques champs, plusieurs chèvres et/ou moutons et surtout le soleil et la chaleur suffisent  pour ses habitants qui vivent pourtant dans des conditions assez pauvres. Nous restons un moment à profiter du calme (c’est l’heure de la sieste sacré dans ce pays) et du soleil avant de repartir pour rejoindre Tilcara.

Des formations rocheuses bizarres
Un retour pénible puisqu’à la chaleur s’est rajoutée un vent contraire violent qui freine le vélo même dans les descentes, nous obligeant à pédaler tout le temps et à pousser sur les jambes. Ce n’est pas très grave puisque le paysage reste superbe et les argentins toujours aussi serviables et charmants. 

Julien et Sophie

Photos 

vendredi 4 novembre 2011

Les montagnes colorées de Pumamarca


Vue d'ensemble de  la vallée
Nous quittons la ville coloniale de Salta pour remonter vers la frontière chilienne et aller découvrir deux sites classés UNESCO pour leur paysage incroyable. Le premier Pumamarca se situe dans un tout petit village traditionnel argentin. Petit hameau certes mais envahi par les touristes. Nous allons vite comprendre pourquoi. 

Une superposition de couleurs étonnante
Si sur la route, le paysage reste sympa mais pas exceptionnel, tout se joue dans les montagnes environnantes où monts des 7 couleurs. Une randonnée assez facile de 3km nous emmène au cœur du panorama et très vite nous sommes éblouis par ce qui nous entoure. A la tombée de la nuit le paysage s’avère splendide. Les nombreuses montagnes aux alentours semblent avoir revêtues leur plus belle couleur. Rouge, ocre, vert, turquoise, blanc, rose, gris profond… nous ne savons pas comment toutes ses teintes ont réussi à se superposer ou à se marier pour former un spectacle digne d’un tableau de Monet. Nous évoluons admiratif sur le chemin ne sachant plus où donner de la tête pour ne pas manquer une miette. En plus des couleurs merveilleuses, les roches aux formes étranges viennent ponctuer la balade. Tour à tour nous découvrons un bonhomme, un chien… De quoi laisser court à son imagination et terminer en beauté cette promenade dans cet arc en ciel paysager.

Sophie et Julien

Photos 

jeudi 3 novembre 2011

Arrivée en Argentine


La cathédrale coloniale
Après une semaine au Chili, nous décidons de quitter pour le moment ce pays trop bruyant à notre goût pour son voisin Argentin. Après 10h de bus, nous arrivons donc à Salta, une ville coloniale typique du pays. Nous devons avouer que dès nos premiers contacts avec la population, nous retrouvons le respect et le sourire qui nous manquait tant au Chili. Espérons que cela dure.

En tout cas, Salta nous permet de renouer avec les villes où il fait bon vivre et où les prix ne sont pas excessivement hauts. Avec sa jolie place centrale bordée d’arbres et ses nombreuses rues commerçantes, elle ressemble un peu à une bourgade du sud de la France en été. Cela reste d’autant plus vrai qu’avec la chaleur les gens vivent la nuit. Pastis, partie de pétanque et chaleur. Enfin disons plutôt chaleur, bière froide et promenade dans les rues piétonnes. La ville s’anime et nous en profitons. 

L'église San Francisco
Salta la nuit mais aussi Salta le jour vaut le détour. Comme les argentins sont très croyants, il n’est pas difficile de trouver un nombre impressionnant d’église et autres monuments religieux. Rassurez vous nous n’avons pas fait la tournée des églises. Nous nous sommes contentés d’aller en admirer deux qui sont magnifiques. La cathédrale parée de rose et de blanc présente une façade finement sculptée avec notamment une porte majestueuse. L’intérieur l’est tout autant non pas par ses vitraux absents ou ses peintures assez banales mais par ses chairs en bois de cactus et son cœur gigantesque orné d’or donnant une impression d’immensité et de sérénité. En sortant, nous sommes attirés par les couleurs originales d’une autre église, située un peu plus loin : l’église San Francisco. 

Un petite parc verdoyant en haut du Cerro San Bernado
Alors qu’en général, les églises restent sobres, celle-ci se pare de pourpre, de jaune et de blanc. Elle est magnifique et ressort encore plus dans le soleil couchant. Dommage que l’intérieur reste banal à part peut-être son couvent accolé fermé mais dont nous avons aperçu un magnifique jardin. Une fois les deux édifices visités, nous déambulons au gré des rues, s’imprégnant de l’atmosphère joyeuse des argentins et de leur petite manie comme celle de manger de tonnes de glaces divinement bonne. Il faut dire aussi qu’il fait quand même plus de 30 degré la journée. Nous finissons par tomber au parc Saint Martin et à un petit chemin qui monte vers le sommet du Cerro Bernado. Monter est vraiment le mot puisque après 1070 marches sous la chaleur et le soleil, nous sommes récompensés par un panorama s’étendant sur toute la ville et les collines environnantes. Toutefois plus que le panorama, nous apprécions surtout le petit parc aménagé avec des cascades (dommage que l’eau soit impropre) et surtout le silence doublé d’un petit vent qui font de ce moment un bonheur, assis sous les arbres. 

Espérons que le nord de l’Argentine nous réserve d’autres instants aussi exquis et de petites villes aussi charmantes.

Sophie et Julien

Photos 

mercredi 2 novembre 2011

La tête dans les étoiles


La lune de très près
Le soleil a laissé la place à la lune et à un magnifique ciel étoilé. En 10 mois de voyage, nous avons vu des ciels étoilés magnifiques dans différents pays mais sans jamais pouvoir les voir de près (entendez avec un télescope). Le désert d’Atacama reste un des ciels les plus observés au monde par les amateurs et les professionnels de part sa situation géographique, l’absence de pollution y compris lumineuse et le peu de nuage. Seules les tempêtes de sables viennent perturber de temps en temps l’observation. Nous décidons de partir à la conquête des étoiles en nous joignant à un groupe d’observation fait pour les touristes mais par des professionnels du ciel et avec des équipements de haute qualité. 

De plus, c’est un français astronome qui a créé cette plate-forme d’observation. Nous partons donc vers minuit pour plus de 2h de découverte des étoiles, planètes, constellations, nébuleuses… Si nous sommes 20 et que le tour est en anglais (cela peut paraître beaucoup), la guide nous passionne dès le début. Pendant 45 minutes, armée d’un laser, elle nous explique le ciel, ses mouvements, nous montre l’étoile du sud (dans le pôle sud nous ne voyons pas celle du nord forcément), Jupiter, Syrius… Passionnant. Nous regardons le ciel tous les soirs ou presque et nous ne savons même pas qu’il bouge de 15° toutes les nuits par exemple ou que le ciel est différent en fonction de la latitude où nous sommes et de la période l’année, voire même de l’année. 

Une série de télescope nous attend
Après la théorie et la pratique à l’œil nu, nous passons au télescope. Si nous sommes impatients de pouvoir voir les étoiles de près, en revanche nous avons un peu peur de ne pas pouvoir en profiter du fait du nombre et du manque de dynamique. C’était sans compter l’arrivée d’Alain, le patron français qui prend les 8 français du groupe pour une observation rapide, lente, folle, démentielle, passionnante. Rien que le personnage vaut le détour. On a envie de passer toute la nuit avec lui et d’observer encore et encore le ciel à n’en plus finir. Il transmet une telle énergie et passion qu’il est difficile voire impossible de ne pas adhérer. Nous passons de télescope en télescope rapidement, revenant après pour mieux scruter et nous découvrons admiratif la lune, la constellation d’Orion, Jupiter et ses anneaux magnifiques, des nébuleuses ressemblant à des traînées de poussières ou des toiles d’araignées… le chien, le petit chien qui ressemble à un petit chien, les doubles étoiles… percent peu à peu leur secret. Le ciel est un univers passionnant, gigantesque à 4, 6 années lumières ou plus de nous et qui mérite vraiment que  l’on s’y penche. Grâce à Alain et à cette expédition nocturne, nous ne regarderons désormais plus le ciel de la même manière et noue chercherons à voir les incontournables du ciel comme notre cher ami Jupiter. 

Une virée nocturne passionnante et enrichissante, la tête dans les étoiles et les pieds sur terre.

Sophie et Julien

mardi 1 novembre 2011

Un paysage désertique digne des films de western


Des rochers aux formes bizarres comme les trois mariés
Après le long week-end des chiliens et une nuit assez courte entrecoupée de chants, de danses et de cris, San Pedro De Atacama devient très calme au petit matin. Les touristes peuvent enfin espérer quelques heures de sommeil alors que les chiliens plient bagages pour rejoindre leur ville. Nous respirons un peu et nous décidons de partir explorer les alentours de ce village perdu au milieu du désert. A peine sortie, nous sommes étonnés de voir que le panorama s’avère différent. Les montagnes et les plaines à perte de vue marron, rougeâtre ont laissé la place à des collines prenant des formes d’aiguilles à coudre. Le spectacle est très joli avec le soleil qui s’y reflète et qui leur donne des couleurs authentiques passant du marron à l’ocre, à l’orange… Bien entendu, nos hauts sommets ne sont jamais loin et semblent veiller sur le désert.

Les montagnes aux couleurs envoutantes
Quelques kilomètres plus loin, se dresse ou plutôt s’étend la vallée de la lune. Inutile de préciser pourquoi un nom pareil. Effectivement le paysage aride fait de roches, de collines asséchés et de sable avec une visibilité sur des kilomètres à la ronde nous donne l’impression d’avoir atterri sur cette planète. Nous nous promenons avec plaisir et étonnement dans cet endroit pour le moins étrange découvrant au passage des roches aux formes étranges comme les trois mariés (les gens du coin ont de l’imagination) ou des flans entiers de montagnes formés de strates et de stalactites de sel asséché. Preuve qu’il pleut parfois et surtout que l’eau était présente il y a quelques centaines de millions d’années. Aujourd’hui, le sel séché incrusté comme des pierres précieuses dans les rocs ressemblent à des milliers de pierres précieuses brillant légèrement avec le soleil. D’ailleurs, au fil du temps et de l’absence d’eau, le sable a creusé des drôles de canyons pas très profonds mais avec des aspects rigolos. Un labyrinthe sinueux nous emmène vers des panoramas magiques ou des tunnels naturels. Une sympathique promenade pour découvrir les facettes du désert.

Le sel calcifié dans les rochers
Nous quittons la vallée de la lune pour découvrir une autre partie étrange de l’Atacama : la vallée de la mort. Certains disent qu’on l’appelle ainsi parce qu’elle ressemble à la vallée de la mort des Etats-Unis. Nous ne pouvons pas le confirmer puisque nous n’y sommes jamais allés. Toujours est-il que le panorama s’avère encore plus impressionnant. Si avant nous n’avions pas grand-chose mais que nous trouvions de temps en temps un arbre ou un bosquet, là, il n’y a rien. Juste du sable et des cailloux. D’immenses dunes longent sur des kilomètres un précipice ou pourrait couler une rivière (dans d’autres circonstances). Nous avons l’impression que la terre a été détruite et qu’il ne reste que du sable gris, noir changeant de couleur avec les rayons du soleil. Le vide intégral y compris pour le bruit. Pas un son, pas un murmure de vent ni un chant d’oiseau ne vient perturber cette immensité. Le néant total perturbé par nous et quelques touristes qui marchent silencieusement et quelques fans de sandboard venus dévaler les larges et grandes pentes des dunes. 

Si nous apprécions ce panorama et ce silence pendant près d’une heure, nous sommes quand même contents de retrouver la route et le bruit du vent qui chante à travers les montagnes. Le silence c’est sympa mais dans un endroit pareil, cela peut devenir oppressant ou plutôt inquiétant. 

Un magnifique coucher de soleil sur la vallée
Nous rejoignons les jeeps et les voitures de touristes au mirador (autant dire que le bruit est venu remplacer la quiétude) pour admirer le coucher du soleil sur le désert d’Atacama et ces innombrables vallées. Au fur et à mesure des minutes la vallée se pare de mille couleurs d’abord vive puis sombre. Rouge, orange, ocre, marron, blanc du sable… semblent ressortir davantage dans le bleu du ciel. Après les roches, alors que l’astre disparait c’est le ciel qui prend les teintes d’un tableau se confondant avec les hauts sommets boliviens à 50 km avant de disparaître à leur tour dans la nuit et de laisser la place aux étoiles. 

Des étoiles justement que nous allons découvrir cette nuit.

Sophie et Julien

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