mardi 1 mars 2011

Bhaktapur, la cité des temples

La porte d'or Durbar Square
Au Népal, les lieux touristiques ne sont pas très nombreux et concentrés. Bhaktapur en fait parti et elle nous le fait sentir dès son entrée puisqu’il faut s’acquitter d’une taxe de 15 dollars pour 7 jours pour pouvoir y pénétrer. Bon allez, nous savons que le pays ne vit pratiquement que du tourisme alors si cela peut les aider pourquoi pas. De toute façon, nous sommes attendus par Krishna, notre premier couchsurfing au Népal. Après plus de deux semaines dans les lodges, nous sommes contents de pouvoir partager la vie d’un népalais. Bhaktapur est une ville où s’entremêle grande place et petite rue et c’est donc logiquement que sa maison est située dans une ruelle au détour d’une place assez mignonne. Ce qui frappe en premier c’est la taille de la chambre réservée aux invités ; pratiquement un appartement et la gentillesse maintenant légendaire des népalais.
Il ne nous reste donc plus qu’à partir à l’assaut de la ville. Construite entre le 16ème et le 18ème siècle, Bhaktapur se caractérise surtout par ses nombreux temples et stupas. On en trouve partout que se soit au détour des rues ou concentrés sur les trois squares importants de la ville. En brique rouge, avec de nombreuses pagodes et surtout une architecture fine en bois, en métal ou en or, les monuments sont assez sympas à voir et c’est surtout l’occasion de se familiariser avec la religion népalaise, savant mélange du bouddhisme et de l’hindouisme. Une petite journée sympathique à jouer au touriste dans une ville certes touristique mais très jolie par son architecture et ses sculptures.
Sophie et  Julien

Photos

lundi 28 février 2011

Première découverte du Népal

Le stupa de Dholikel
On nous avait dit que le Népal était surtout connu pour les treks (touristiquement parlant). Au bout de deux jours de visites, nous nous rendons compte que c’est un peu vrai. Ainsi, les villes dites touristiques sont toutes petites et nous en avons vite fait le tour. Mais c’est toujours intéressant de voir la vie népalaise, de découvrir leur culture et leur religion… Plus que les temples et autres endroits à visiter, c’est surtout les superbes points de vue sur la chaîne himalayenne qui valent le coup d’œil. Au détour de chaque virage pris avec plus ou moins de douceur par les bus locaux, vous découvrez un paysage unique avec les montagnes enneigés, les villages perchés ou encore les nombreux plateaux verdoyants en forme de terrasse qui semblent descendre des montagnes.
Après une première visite à Nagarkot, petit bourg d’où partent les treks, c’est dans deux autres villes montagneuses que nous avons commencé notre exploration du Népal : Dhulikel et Dolaghat. La première construite en brique rouge offre en plus de son panorama une facette historique du népal avec ses petites ruelles pavées et son temple (enfin c’est plus un stupa) du 17ème siècle. Quant à Dolaghat, il est perdu dans la montagne et il faut 2h de bus avant de l’atteindre. Il n’a pas grand intérêt mise à part qu’il retrace bien la vie dans les montagnes avec ses petites maisons en bois, les commerces ressemblant un peu au buy buy indien et toujours ses panoramas splendides. Une bonne approche de ce qu’est le Népal. Demain, nous en aurons sans doute une autre vision car c’est une ville beaucoup plus touristique : Bhakhtapur qui s’inscrit sur notre programme.
Sophie et Julien

Photos

samedi 26 février 2011

De nouveau livré à nous même...

Khumar et sa femme Kanji
Après 21 jours à se laisser guider, même si le treck n’a pas été de tout repos, nous devons quitter le confort de notre hôtel et reprendre notre route. Il nous reste deux semaines au Népal et nous comptons bien les mettre à profit pour visiter le pays et continuer à rencontrer les népalais.
Mais avant de prendre la route pour Bhaktapur à une dizaine de kilomètres de la capitale, nous sommes invités par Khumar, notre guide du treck, à venir manger du sanglier. Bien que petit, son appartement est très cosy et c’est avec un réel plaisir que nous partageons un repas plus que copieux. Au népal, les appartements ressemblent à une petite communauté où tout le monde connaît tout le monde et où on s’entraide avec plaisir. Ainsi, Khumar héberge gratuitement 5 étudiants dans son petit pied à terre. Chose étonnante pour nous français, qui ne venons que trop rarement en aide aux autres.
Après ce délicieux moment de partage, direction donc la région de Bhaktapur. C’est en bus local que nous parcourons ces petits kilomètres. L’occasion de voir que les transports en commun sont beaucoup plus petits (donc plus vite plein) mais que le fonctionnement est le même qu’en Inde. Jusque là nous ne sommes pas trop dépaysés. Et pour notre première nuit loin du confort et de la facilité, nous avons choisi une auberge de jeunesse. Coup de chance, nous la trouvons pratiquement tout de suite. C’est en demandant par hasard dans la rue que nous tombons sur une des personnes qui gèrent directement le Youth Hostel. Ne reste plus qu’à nous installer et nous reposer un peu avant de partir pour de nouvelles découvertes dès demain.
Sophie et Julien

vendredi 25 février 2011

17 jours plus tard…


Sophie et Julien a 4 000m
17 jours de trecks, 100 km parcourus à pieds, 5160 m atteint, des dizaines de ponts traversés, des montées à n’en plus finir et surtout un paysage à vous couper le souffle. Nous pourrions résumer ainsi nos deux semaines passées au milieu des plus belles montagnes du monde. Mais, le camp de base de l’Everest se mérite. Avant d’atteindre les 5 000m tant désirés et attendus, il nous a fallu monter et monter encore sur des chemins caillouteux, parfois au bord des précipices. 


Avec une moyenne de 5h par jour de marche et des pentes atteignant parfois les 10 voire les 20 %, le treck n’a pas été une promenade de santé. Nous avons du nous dépasser physiquement mais la fatigue est vite oubliée quand à chaque pas ou presque le panorama est fabuleux. Difficile de décrire ces montagnes aux couleurs noires, blanches, marrons semblant ne jamais finir ou touchant presque le ciel bleu azur. Difficile d’imaginer la rivière bleue turquoise coulant dans les vallées et débouchant sur le magnifique lac de Gokyo qui semble sortir de nulle part à 4 800m. 

Une vie difficile pour des népalais qui ont le cœur sur la main

Coucher de soleil sur les montagnes
Dans ce panorama, vous pouvez ainsi marcher pendant des heures au milieu de ces sommets sans rencontrer âme qui vive. Et d’un coup au détour d’un virage ou en haut d’une ultime montée, apparaît un village ou quelques lodges. Ces petites maisons colorées, éparpillées sur les flancs semblent sortir de nulle part. Pourtant à l’intérieur vivent des familles entières, parfois à l’année. Ils affrontent le froid glacial jour après jour (imaginez la température qu’il peut faire lorsque l’eau se transforme en glaçon et que les vitres gèlent de l’intérieur) avec pour tout chauffage un poêle de bouse de yak et/ ou de bois. Poêle allumé qu’à la nuit tombée pour économiser le carburant. 


Ici ce n’est pas l’homme qui décide mais la nature. L’électricité se fait donc au panneau solaire uniquement, l’eau est puisée dans la rivière puis chauffée sur le poêle. Très précieuse, elle ne sert que pour la cuisine et se laver (la douche même froide est quasiment inexistante. Il faut se contenter d’un baquet d’eau chaude). Quant aux maisons, à partir de 3 500m, il s’agit davantage de chalets en bois mal isolés.

Plus de 100 kg à dos d’hommes

Le Mont Everest
Il faut comprendre que tout est acheminé à dos d’hommes ou de Yaks. Imaginez notre surprise quand les premières fois vous rencontrez au détour du sentier des porteurs chargés de nourritures, de tôles, de fauteuils et autres choses plus insolites les unes que les autres. Ici ce n’est pas attention, voiture mais attention passage de fauteuils ou de passage de portes.  Ces porteurs (les sherpas n’en constituent qu’une petite partie car c’est une ethnie) peuvent monter jusqu’à près de 100kg à eux seuls. Impressionnant ! Nous pensions au début que les charges les plus lourdes se montaient à dos de yaks ou de mules (autres convois devenus familiers au fur et à mesure des jours) mais il n’en est rien. Ici la vie est difficile et il faut être courageux pour survivre. 


Toutefois, à chaque arrêt, vous retrouvez la même gentillesse, la même sympathie et le sourire adorable des népalais. Ils vont se plier en quatre pour satisfaire les touristes (bon d’accord c’est leur principal gagne pain mais quand même). On nous avait dit que les népalais étaient petits par la taille mais grand par le cœur. C’est bien vrai. Ils nous ont beaucoup touchés par leur courage et leur bonté.

Camp de base de l’Everest ou pas

Khumar devant le lac de Gokyo
Comment aussi ne pas parler de notre treck sans parler de Khumar, notre guide et Bicasse, notre porteur. Ils nous ont encouragé chacun à leur manière, nous ont fait partager la vie dans les montagnes, nous ont parlé avec simplicité de la culture népalaise, du mode de vie et de la religion (enfin essentiellement Khumar) et ils ont fait en sorte que l’on puisse réaliser notre rêve : monter jusqu’au camp de base de l’Everest. Ce n’était pourtant pas gagné. Ainsi après 9 jours de Treck, nous avons du composer avec d’importante chute de neige. C’est ainsi qu’après une journée écourtée de montée sous une neige abondante, Khumar nous a annoncé que nous ne pourrions pas monter jusqu’au camp de base. Il est tombé cette journée là 60 cm à 4 000 m et plus de 80 cm en haut. Heureusement après plusieurs rebondissements, les aléas climatiques et une journée de perdue, nous avons tout de même réussi à grimper jusque Gorak Shep avec deux bonus : des montagnes magnifiques avec un super manteau neigeux (est-il utile de préciser que nous avons marché dans cette neige fraîche traçant le chemin), offrant un paysage féérique et un camp de base sans aucun touriste ou presque (déjà que ce n’était pas la saison). 


Une expérience inoubliable tant sur le plan physique, émotionnel, culturel et humain, dont nous sommes revenus victorieux et presque entier.


Julien et Sophie

Photos 

Photos 2 

lundi 7 février 2011

En route pour l’Himalaya

Demain c’est le grand départ pour le trek. En attendant de pouvoir enfin se lancer à l’assaut des montagnes, aujourd’hui c’est opération habillage. Nous n’avions pas prévu de vêtements chauds pour ne pas alourdir nos sacs à dos et surtout ne pas avoir à nous les trimbaler pendant un mois en Inde. Nous sommes très rapidement surpris par les prix pratiqués. Pour deux vestes North Face en Gore Tex, un pantalon chaud, des guêtres, un caleçon et deux gourdes résistant à la pression, nous n’avons payé que 150 €. Un petit prix comparé à la qualité.
Ainsi parés, il nous reste à gravir les montagnes et à vous ramener de beaux souvenirs dans 21 jours. Nous ne pourrons en effet pas nous connecter sur Internet avant le 26 février. Alors patience.
Sophie et Julien

Nouveau pays, nouvelle découverte

Le 6/02/2011

Julien en fleur
Pour terminer notre aventure en Inde, il fallait bien que l’on marche une dernière fois avec le sac à dos. Et c’est de nuit que nous avons du parcourir les 500m qui nous séparaient de l’aéroport de Chennai. Premier aéroport, premier décollage pour New Delhi (un petit transit) avant d’atterrir enfin à Katmandu au Népal. L’atterrissage se fait dans la vallée au milieu des montagnes et nous prenons  tout de suite conscience de ce qui nous attend. Les formalités douanières et la récupération des sacs sont bouclés en moins de 30 minutes (un record).

Sophie en fleur
Petite différence avec l’Inde, on va se faire chouchouter (enfin façon de parler) pendant deux jours avant de partir pour notre trek très attendu. Voiture privée à l’aéroport et hôtel luxueux de trekkeur pour Katmandu (par rapport à tout ce que l’on a connu) et chose exceptionnelle de l’eau chaude et une douche (denrée rare ces derniers temps). Le premier contact avec le pays est saisissant. La pauvreté semble plus présente qu’en Inde, la ville est plus polluée (on ne voit pas le soleil) et la ville est plus calme tant au niveau de la conduite que du bruit ambiant (circulation, klaxon incessant…). Premier contact et première particularité. Ici, nous n’avons la lumière qu’à certaines heures et il n’est pas rare qu’elles s’éteignent intempestivement (la lampe de poche est de rigueur).
Nous retrouvons aussi le froid car si la journée est plutôt agréable (environ 20°) la nuit le thermomètre descend jusque 10°. Autant dire que l’on se les pèle surtout après un mois à 30°.  Heureusement que nous avons une journée d’acclimatation avant notre vol pour Lukla. Nous sentons que le Népal sera magique mais pas de tout repos.
Sophie et Julien

Impression après un mois

Le 5/02/2011

La photo qui caractérise le plus pour moi l'Inde :
 le stand des épices
Demain nous quittons l’Inde pour le Népal. D’un côté, j’ai hâte de découvrir de nouvelles choses et de l’autre c’est toujours avec un peu de nostalgie que je quitte un pays. En tout cas, nous avons fait beaucoup de chemin depuis un mois. Déjà en nombre de kilomètres parcourus en bus commun : près de 2 000 km entre Bombay et Chennai.
Les bus locaux ont été une découverte avec la conduite sportive des chauffeurs, la compression (plus on met de passagers, plus on est content), la gentillesse des indous et la serviabilité (on se passe l’argent de mains en mains avec le nom de la destination pour obtenir un ticket quand le bus est archi bondé et systématiquement le billet arrive avec la monnaie. Un petit miracle pour moi française). J’ai aussi redécouvert l’amabilité des indous. Ils sont toujours près à nous aider. Ce n’est pas rare que l’on nous demande où nous allons alors que nous nous sommes arrêtés à la recherche d’une rue, d’un endroit… quitte à téléphoner pour obtenir le renseignement. On a des difficultés à croire que l’on puisse être volé.
Tout comme ma première visite dans le Nord, j’ai de nouveau pu constater que le pays était à la fois l’alpha et l’oméga. On passe des quartiers riches voir très riches avec de superbes villas( parfois perdues dans les villages), des avenues gigantesques, des centres commerciaux immenses à des quartiers pauvres avec des maisons ouvertes sur l’extérieures, des étales ressemblant plus à des buy buy qu’à des magasins, des marchés à ciel ouvert et des rues poussiéreuses parfois même pas goudronnées. Finalement c’est ce qui fait le charme de l’Inde. Au cours de notre périple, je pense que la ville qui illustre le mieux cette différence c’est Bengalore ; à la fois occidentalisé et encré dans la culture indienne.
Pourtant même si les indiens vivent pauvrement, ils semblent plus heureux que nous. Il suffit de voir les enfants jouaient avec un simple bout de bois alors que chez nous, il faut toujours le dernier jouet à la mode. C’est une leçon de vie et une leçon d’humilité. Je pense que certains français devraient venir voir ce qui se passe ici avant de se plaindre de leurs petits privilèges.
Enfin l’Inde s’est aussi sa religion et ses coutumes très ancrées. Ici les femmes sont très importantes mais restent inférieure aux hommes, les castes existent toujours et les mariages sont encore arrangés dans plus de 60 % des cas. Pourtant le pays évolue. Les jeunes y compris les femmes s’occidentalisent, font des hautes études, travaillent et brillent dans des métiers de pointe comme l’informatique ou l’aviation. C’est un pays en pleine mutation qui malgré ses disparités pourraient peut-être devenir un jour une puissance mondiale.
vision de Sophie
La grande Inde
La photo qui caratérise le plus pour moi l'Inde :
les plages
Il est difficile de définir l’Inde en quelques lignes tant le pays est immense. A la fois bruyante, majestueuse, surpeuplée, pauvre, tout y est réuni pour faire un cocktail aussi explosif que possible.
Nous l’avons découverts à nos dépends, il est impossible d’être seul en Inde ; que vous vous baladiez dans une grande ville ou dans un petit village ou même sur une route de campagne, il y a toujours quelqu’un. Les endroits vides de monde sont difficiles à trouver. Cela peut être une bonne chose si vous vous perdez. Pour les oreilles sensibles prévoyez des boules Quies car le bruit ambiant incessant n’est pas de tout repos. L’Inde n’est pas faite non plus pour les âmes trop sensibles. On y voie des choses qui pourraient faire pleurer voir dégouter. Nous avons vu un homme dont il était difficile de définir s’il était mort ou entrain de dormir dans la rue au milieu des rats, nous avons vu également un homme à la jambe gangréné entré dans le bus, les animaux errants, les déchets au milieu des favelas et dans les lieux typiques, voila le côté dure de l’Inde.
Le pays est gigantesque, en un mois nous n’avons pu faire que 2-3 régions. Mais ce qu’il y a de bien c’est que vous trouverez de tout, partout, d’ailleurs les Indiens vous le diront souvent : « in India everything is possible’’. Il y a tant à voir, montagnes, soleil, plages immenses vide de monde, grande cité, petit village, temple en tout genre, en gros il est difficile de s’ennuyer en Inde. Il y a juste une chose que vous ne trouverez pas ici c’est de la neige.
En choisissant l’Inde comme première destination nous étions partis avec quelques appréhensions en imaginant un pays dur et insécurisé. Au final avec la gentillesse des Indous et la facilité à bouger dans le pays le voyage fût en majorité parfait et bien entendu à refaire avec plaisir.
Vision de Julien


Dernières photos de l'Inde